Au départ, une idée généreuse
Dans les années 1850, Louis Rose GINDRE, est un négociant en soie.
Mais à Lyon, en 1831, 1834 et 1848, ses ouvriers, les fameux canuts se sont révoltés. Ils demandent des hausses de salaire. Père d’une famille nombreuse, il marie alors sa fille Claudine Emilie à un riche industriel du textile : Louis Victor Augier. En dot, sa fille reçoit 5 hectares de terres sur lesquelles seront édifiés des usines de tissage et moulinage de soie avec des pensionnats à Boussieu, Nivolas-Vermelle et Ruy.
En 1854, elles sont 200 ouvrières dont 60 ouvrières de 12 à 16 ans !
D’origine paysanne et modeste, les filles sont envoyées travailler dans les usines pensionnat, où elles trouvent le gîte et le couvert. Leur salaire est mis de coté pour constituer une dot qui leur permet de mieux se marier et d’échapper à la misère.
Enfin l’accès à l’instruction pour les filles !
Madame Auger avait reçu de sa tante les terres de Ruy, et décide d’y faire édifier notre école pour permettre aux jeunes filles d’y recevoir grâce à des religieuses, une instruction. Elles pouvaient ainsi passer le certificat d’étude, attestant qu’elles savaient lire et compter. Pour l’époque, c’est une petite révolution.
Au cimetière de Ruy, on peut encore voir la tombe des dernières soeurs où il est gravé :
“RUY, aux religieuses de son école”.
Pendant la guerre, les garçons et les filles fréquentent l’école. Le jardin est le potager de la maitresse qui est logée sur place. Il lui permet de se nourrir, et elle partage parfois son repas avec les enfants qui n’ont pas assez à manger. Le prêtre lui, prélève sur son argent de quoi payer un peu la religieuse. Les parents fournissent le bois pour chauffer la classe.
Jusqu’en 1981, l’école est le lieu central de kermesses et de fêtes en lien avec la paroisse. L’association “d’éducation populaire de Ruy”, témoigne de toutes ces années où ont été transmis le savoir dans cette petite école de village.



